Boycott publicitaire de Facebook – Pour la première fois de son histoire, Facebook fait face à un boycott organisé de ses annonceurs depuis le 1er juillet 2020.

Il ne s’agit pas non plus de petites entreprises – les grandes entreprises comme Hershey, Honda et Verizon ont arrêté leurs publicités sur Facebook.

Plusieurs entreprises ont rejoint l’initiative après le 1er juillet, dont Sony, qui aurait déclaré le 2 juillet qu’elle suspendrait ses publicités sur Facebook et Instagram jusqu’à la fin du mois.

Des entreprises de divers secteurs, dont la marque de collations santé KIND et le détaillant Target, ont emboîté le pas. Target a déclaré avoir mis ses publicités sur Facebook en pause. Le fondateur de KIND, Daniel Lubetzky, a fait écho à ce sentiment dans une publication sur LinkedIn.

L’objectif de la campagne #HalteHaineProfit (en anglais, #StopHateforProfit) est de faire pression sur le géant des médias sociaux pour qu’il modifie la façon dont il traite les discours haineux et la désinformation, y compris souvent les messages incendiaires du président Trump.

D’ailleurs, certaines entreprises ont poussé le boycott publicitaire de Facebook un peu plus loin. Par exemple, Coca-Cola, Lego, Starbucks et Unilever ont retiré leur publicité de toutes (ou la plupart) des réseaux sociaux – pas seulement Facebook.

Par ailleurs, Microsoft a suspendu ses publicités sur Facebook, au moins jusqu’en août. Alors oui, c’est potentiellement un gros problème. Il reste à déterminer si le boycott publicitaire de Facebook aura un impact financier ou autre.

 

Comment le boycott publicitaire de Facebook a-t-il commencé?

Une coalition d’organismes défendant les droits civiques, dont la NAACP, la Ligue anti-diffamation, Sleeping Giants et Color of Change, a initié la campagne de boycott publicitaire de Facebook le 17 juin.

Facebook, ont-ils déclaré, permet aux groupes haineux de proliférer et prospérer sur son réseau. Beaucoup de gens rejoignent facilement ces groupes radicaux à cause des outils de diffusion de Facebook.

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En effet, une étude d’ADL a révélé que 42% des utilisateurs quotidiens avaient subi du harcèlement sur Facebook.

 

Que veulent les entreprises qui ont boycotté Facebook?

Le groupe des entreprises qui sont à l’origine du boycott publicitaire de Facebook ont une longue liste de demandes.

Par exemple, elles demandent Facebook de changer ses politiques pour empêcher les discours haineux en mettant ses algorithmes à jour.

La liste des requêtes comprend l’embauche d’un cadre supérieur avec une expertise en matière de droits civiques.

On demande aussi à Facebook de faire un audit tiers sur la haine et la désinformation, offrant des remboursements aux annonceurs lorsque leurs annonces sont affichées à côté de contenus « problématiques ».

Enfin, le groupe de boycott aimerait que Facebook dispense une formation sur les biais à ses modérateurs de contenu humains.

 

Comment le géant social gère-t-il le boycott des annonceurs?

Carolyn Everson, vice-présidente des solutions marketing du réseau social, a affirmé par voie de presse communiqué que Facebook respecte les décisions des entreprises qui lui ont boycotté.

Elle a également déclaré que Facebook restait « focalisée sur l’important travail de suppression du discours haineux tout en mettant en place des outils critiques de vote ».

Elle a rajouté qu’elle avait eu « des discussions avec des experts en marketing et des défenseurs en droits civiques pour assainir Facebook ».

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a affirmé que sa plateforme sociale mettra en place des blocages de contenu haineux dans les publicités.

Ce faisant, ces restrictions interdiront ouvertement les publicités créant des divisions raciales. Toutefois, cela ne concerne pas les contenus non commerciaux.

Le 1er juillet, une fuite d’enregistrement de Zuckerberg (parlant au personnel de Facebook du boycott) a rapporté que le PDG a déclaré qu’il ne voulait pas céder à la pression des annonceurs. En effet, il croit que les publicitaires vont bientôt revenir sur la plateforme.

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Par ailleurs, le vice-président des affaires mondiales de Facebook, Nick Clegg, a écrit un éditorial intitulé « Facebook ne profite pas de la haine ».

Il a ajouté que le géant social progressait dans ses efforts contre le discours haineux. Avec autant de contenu publié chaque jour, extirper la haine, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin », a écrit Clegg.

 

Est-ce que le boycott publicitaire de Facebook fera-t-il une différence sur le réseau social?

Eh bien, c’est la vraie question qu’il faut se poser, n’est-ce pas? Une analyse de Fortune révèle qu’il faudrait des milliers des 8 millions d’annonceurs Facebook pour faire une brèche.

L’année dernière, Facebook avait généré près de 70 milliards de dollars en revenus publicitaires, de nombreux analystes considèrent donc le boycott publicitaire de Facebook comme largement symbolique.

Et il convient de noter que, selon Gizmodo, toutes les marques impliquées dans le boycott n’ont pas déclaré si elles retireraient leurs annonces du réseau d’audience de Facebook.

Cela permet aux marques de faire de la publicité sur des applications tierces en utilisant les données de ciblage de Facebook.

 

Quelles entreprises ont-elles rejoint le boycott publicitaire de Facebook?

Selon le site Web de la campagne, 240 entreprises de nombreux secteurs ont signé la campagne #StopHateforProfit.

Le boycott demande aux entreprises de mettre sur pause leurs publicités sur Facebook à compter du 1er juillet.

Voici quelques-uns des noms de la liste, et nous la tiendrons à jour au fur et à mesure que d’autres entreprises s’y rajoutent :

  1. Ben & Jerry’s
  2. Dashlane
  3. Eddie Bauer
  4. Hershey
  5. Honda
  6. JanSport
  7. KIND
  8. Levi Strauss & Co.
  9. Madewell
  10. Magnolia Pictures
  11. Mozilla
  12. The North Face
  13. Patagonia
  14. Patreon
  15. SAP
  16. Upwork
  17. Verizon