Pascal Mensah, Stéphane Odasso et Jean-Michel Wendling * affirment que le risque de contamination par «aérosol» est peu probable. La source de contamination est ailleurs. Il est double: des mains sales à la bouche ou aux yeux et de gros crachats sur le verre et l’assiette. Explication et maintenance croisée.

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Avec des preuves concrètes d’études très récentes, vous pensez tous les trois que le risque d’aérosol est l’exception, pouvez-vous expliquer comment vous en êtes arrivé à cette conclusion?

Stéphane Odasso: En effet! Il ne faut pas oublier ici que les aérosols sont ces particules de moins de 5 microns qui s’attardent dans l’air pendant plusieurs heures, un peu comme la poussière que l’on voit dans une pièce éclairée par le faisceau d’un rayon de soleil. Une étude scientifique très récente d’Asadi et al.montre que la production de ces particules augmente avec la parole, l’intensité, le chant et éventuellement la toux. La taille de ces particules est généralement d’environ 0,75 microns (1). Cependant, on connaît la charge virale dans un millilitre de salive: elle a été évaluée en moyenne entre 9,92 x 104 et 3,3 x 106 copies / ml (2) (3).

Aérosol: un mode de transmission improbable

Avec un petit calcul mathématique (volume / diamètre d’une sphère) de niveau terminal que n’importe qui peut refaire, on arrive à une estimation de la moyenne élevée, la charge virale dans une particule d’un diamètre de 0,75 microns. Et là, surprise!
Si nous avions 1,7 copies d’ARN dans une «grande» gouttelette de 100 microns (facilement bloquée par un masque), les microparticules de 0,75 µ (aérosols) contiendraient 7,29 x 10-7 copies. Théoriquement, il faudrait inhaler continuellement 1 370 000 particules pour avoir une chance de gagner le premier «virus». Les projections mathématiques basées sur des résultats expérimentaux sont donc contre une large dispersion par les aérosols qui sont généralement évacués par la parole. N’oubliez pas qu’en respirant nous avons encore 8 fois moins d’émissions!

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Avons-nous des études scientifiques qui nous rassurent sur cette hypothèse de transmission par aérosol?

Jean-Michel Wendling: Une belle étude suédoise publiée fin septembre va beaucoup dans ce sens: environ 2 chanteurs symptomatiques, symptomatiques et très positifs en RT-PCR (CT 22 et 25) et qui chantaient dans un tunnel d’où l’air était prélevé et analysé , aucune particule virale n’a été collectée (4).

Pascal Mensah: Et puis, si l’on regarde les résultats de la recherche microbiologique sur le Diamond Princess (5) ou les résultats de COMETE, l’unité spécialisée COVID19 et risque biologique du Bataillon des pompiers de Marseille (BMPM), aucun des chercheurs n’a trouvé de virus dans les échantillons d’air. Ces situations de transmission d’aérosols, si possible et publiées, semblent donc exceptionnelles.

Si les aérosols étaient le principal mode de transmission, on pourrait s’inquiéter des espaces clos comme les avions: quelle est la situation réelle?

JMW: Les avions sont équipés de systèmes de ventilation efficaces avec filtration HEPA en vol. Pourtant, les passagers passent une bonne heure au sol à attendre avec la promiscuité que l’on connaît à l’embarquement ou au débarquement. Actuellement, à notre connaissance, seuls 44 cas signalés de COVID-19 ont été attribués au transport aérien depuis début 2020 sur les quelque 1,2 milliard de passagers qui ont voyagé pendant cette période. Une étude de l’Association du transport aérien international (IATA) sur la fréquence de contamination des aéronefs (espaces confinés) conclut également que le risque est extrêmement improbable selon les termes utilisés par les auteurs du rapport, après 300 essais réalisés par le rejet de 180000000 de particules du traceur fluorescent de la source d’aérosol (aérosols simulés de virus), avec 11500 mesures sur les sièges de l’aire de respiration de la cabine (6).

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Les masques ou tout autre dispositif de barrière à la salive sont utiles

Selon vous, un dispositif de barrière est donc nécessaire. Que pensez-vous des masques et de leur utilité contre les aérosols et le VIDOC-19?

JMW: Les différentes expériences et tests des organismes notifiés montrent que les masques (chirurgicaux ou tissés) ne sont pas étanches aux particules inférieures à 1 micron, et fuient également en masse vers le haut et sur le côté, surtout s’ils ne s’adaptent pas correctement au visage. Vous pouvez le voir en testant votre masque avec de la fumée de cigarette électronique ou en voyant le brouillard sur vos lunettes à chaque expiration. En fait, l’équipe de travail Asadi S. a montré qu’un masque en tissu émet plus de particules que sans masque: de manière surprenante, le port d’un masque en coton basé sur un t-shirt non lavé monocouche (uniquement en respirant) a entraîné une augmentation significative de 384 % du nombre de particules éjectées par rapport à la valeur médiane sans masque (1). C’est un peu embarrassant … S’ils sont efficaces, nous pensons que c’est dû à leur action barrière contre la pulvérisation; par contre, ils ne sont pas impénétrables aux aérosols… De plus, le port à l’extérieur n’a pas d’importance si la distance d’un mètre peut être respectée en France.