Le général (2s) Dominique Delawarde, ancien officier du renseignement spécialisé dans les questions internationales, en particulier aux États-Unis, fournit une analyse bihebdomadaire de l’évolution de l’épidémie de Covid-19 aux niveaux national et international. Aujourd’hui, il observe une forte reprise saisonnière pour l’Europe et l’Amérique du Nord.

Résumé de la situation: Au niveau planétaire, si la contamination progresse principalement en Europe, la courbe de mortalité globale ne permet pas encore de parler de la 2ème vague «mondiale». En effet, la situation se stabilise voire s’améliore «progressivement» sur certains continents ou sous-continents (Afrique, Océanie, Asie, Amérique latine) et ne se dégrade que sur ceux qui se dirigent vers l’hiver (Europe et Amérique du Nord). Un facteur saisonnier semble donc se confirmer dans l’évolution de cette épidémie avec laquelle nous devrons vivre plusieurs mois, voire plusieurs années. Le nouvel épicentre de l’épidémie est désormais clairement européen, l’UE occidentale étant de loin la plus touchée par la reprise.

Gestion de l’épidémie

Comme dans l’épisode de mars-avril, Quand le pays est bien organisé et que les ressources hospitalières sont disponibles, Quand la gouvernance claire mène dans la sérénité et gagne la confiance et le soutien de ses populations, en décentralisant l’action, en déléguant et honnêtement communiquer sans chercher à semer la peur, quand les médias n’ajoutent pas une «louche» pour hystériser les politiques et les petits gens, la gestion de l’épidémie se passe bien et les pertes sont limitées, voire très limitées (pays nordiques, Allemagne, Grèce, …). Il est moins efficace si un ou plusieurs de ces facteurs ne sont pas présents. C’est particulièrement le cas dans l’ouest de l’UE, et en particulier en France, où les taux de mortalité sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs.

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À ce stade de l’épidémie, il convient de rappeler quelques données importantes:

1 – Si la pandémie est par définition planétaire, 93% des décès sont concentrés dans 34 pays ou territoires, ce qui signifie que les 183 autres pays ou territoires touchés par l’épidémie ont des pertes humaines extrêmement limitées au point qu’elles passeront presque inaperçues. restent dans leur bilan annuel.

2 – A sept semaines de la fin de 2020, au rythme actuel de l’évolution de l’épidémie, on peut déjà prédire, sans risque d’erreur, que le bilan humain en 2020 sera compris entre 1,6 et 1,7 million morts, soit 2,7% des décès dans une année normale sur la planète. Ce nombre n’est pas ajouté au nombre habituel de décès car une proportion importante de ces décès étiquetés Covid (environ 75%) sont des décès qui se seraient produits quelques mois plus tard en raison d’un autre facteur de comorbidité. Ces décès classés Covid vont donc souvent «remplacer» les décès attribués à d’autres pathologies.

Exemple? une personne très âgée, souffrant d’un cancer et mourant « avec » Covid, ne mourra pas trois fois. S’il porte l’étiquette «Covid», sa mort est déduite des décès habituels par cancer ou vieillesse. Il est intéressant de noter que les 3700 décès pour l’année 2020 attribués aujourd’hui à la grippe saisonnière en France auront été une très forte baisse par rapport à la moyenne des dix années précédentes (9000) ou par rapport au bilan de 2017.
Il faudra attendre longtemps avant que l’Insee ne remette de l’ordre début 2021 dans l’enquête sur les décès par cause en 2020. Il faudra distinguer la partie qui va directement à Covid et la partie qui va à d’autres causes (augmentation des suicides qui liées, par exemple, à la faillite ou au stress…).

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Pour le dire clairement, et peu importe ce que les médias grand public et les membres de l’exécutif disent dans leur manière biaisée de présenter les choses, cette épidémie aura été extrêmement peu meurtrière sur la planète d’ici 2020. L’espèce humaine n’est pas encore menacée d’extinction puisque la population augmentera de plus de 80 millions d’ici 2020 malgré l’épidémie: aucune raison de jouer à l’autruche et de se cacher la tête dans le sable (confinement des terres et destruction de son économie) à chaque épidémie. Ces épisodes sont susceptibles de se répéter dans les années à venir, les virus mutants étant difficiles à combattre et aucun pays ne peut se permettre le luxe d’incarcérations répétées.

Préface: La semaine dernière, j’ai évoqué le cas suédois et je me suis demandé à quel point sa stratégie de non-confinement était pertinente.

Jour après jour, il est confirmé que cette stratégie était la bonne, car l’immunité de groupe recherchée semble avoir été largement atteinte. Aujourd’hui, la Suède est le seul pays d’Europe à ne pas être affecté par une augmentation significative du nombre de décès. Le taux de mortalité depuis le début de l’épidémie est désormais inférieur à celui de la France, qui a réduit sa population à 55 + 30 jours = 85 jours d’ici 2020. Cherchons l’erreur.

La comparaison France-Suède va s’aggraver dans les semaines à venir au détriment de la France, la Suède ne comptant que 92 cas critiques, tandis que la France en compte plus de 4500.